Les transactions immobilières  sont passées de 40.000 contrats par mois en 2019 à 3500 depuis le début du confinement le 16 mars dernier,  soit une réduction de -91% tout en sachant que la majorité des signatures validées font sujet de transactions actées pré-Covid19.

Pour soutenir ce secteur paralysé par le Covid-19, la Banque Centrale de BANK ALMAGHRIB a baissé pour la deuxième fois depuis mars dernier son taux directeur qui est désormais fixé à 1.5% contre 2 % auparavant soit une réduction de 0.75 points. Une décision qui a été fortement saluée de la part des opérateurs immobiliers qui surveillent au plus près la réaction des établissements bancaires.

Selon Mr Ghali CHRAIBI, Directeur Général de CAFPI (Conseil à l’accession et au financement en prêts immobiliers) : la baisse du taux directeur sera certainement prise en compte dans le calcul des taux immobiliers proposés par les banques, ce qui constituera un des facteurs stimulateur de la reprise des transactions immobilières.

Les banques répondront-elles positivement ?

Cela dépend essentiellement de la stratégie commerciale de chaque banque, il y en a qui seront en mesure de répercuter toute la baisse du taux directeur sur le taux immobilier proposé à leurs clients, et d’autres qui répercuteront partiellement.

A savoir, que les taux de crédits immobiliers était déjà sur une tendance baissière depuis le début d’année 2020, les banques ont appliqué en moyenne 4.39%  au 1er trimestre 2020 soit une baisse de 0.31pts par rapport à la même période en 2019, et plusieurs banques qui ont montré une grande flexibilité dans le traitement des demandes de crédits immobiliers étaient prêtes à baisser encore leurs taux, sauf que le Covid-19 en a voulu autrement et a mis un coup de frein à cet élan positif.

Le secteur bancaire est actuellement face à une situation délicate, il doit en même temps gérer les risques qui peuvent remonter suite à la dégradation de la situation économique, et soutenir la relance du secteur immobilier pour l’aider à repartir du bon pied.

Dans le plan de relance qui a été établi  par la FNPI, a part le fait d’agir sur le coût de financement et le taux de crédit, il propose également aux banques de  rallonger au maximum les durées des crédits jusqu’à 25 ans contre 20 ans auparavant. Tous ces leviers sont de nature à encourager les acquéreurs potentiels à s’engager dans des projets d’achats. Et pour garantir une certaine couverture aux banques, la FNPI fait appel au gouvernement via la CGEM pour mettre en place de nouveaux mécanismes de garantie, qui ciblent en particulier les acquéreurs dont les emplois sont menacés mais aussi ceux aux faibles revenus.

Selon Mr Allali, vice-président de la FNPI (Fédération Nationale des Promoteurs Immobiliers): l’effort demandé aux banques est énorme,  mais c’est le seul moyen pour éviter la faillite en cascade des opérateurs du secteur, et cela va se répercuter également sur la banque, il faut donc réanimer le secteur pour pouvoir tous sortir indemnes de cette crise.